En mai 2026, les élèves de Seconde SNT ont participé à une séance pédagogique au CDI. L’objectif était de leur faire prendre conscience de la matérialité du numérique et de leur apprendre à concevoir des requêtes efficaces pour limiter le gaspillage énergétique.

Pour la majorité des lycéens, Internet est un espace totalement immatériel. Pourtant la pollution numérique, qui regroupe l’ensemble des impacts environnementaux causées par le sécteur informatique, est bien réelle. C’est pour déconstruire le mythe du virtuel que cette séance d’EMI a été mise en place.

Image généré par Gemini

Le choc des chiffres ou le coût caché de l’IA

S’appuyer sur des données concrètes a permis de marquer les esprits dès le début de la séance. Les élèves ont découvert que le secteur informatique consomme près de 10% de l’électricité en France, notamment pour faire tourner les réseaux et refroidir les centres de données. Mais ce qui a le plus surpris les lycéens, c’est l’impact écologique de l’intelligence artificielle générative.

Une seule requête formulée sur un modèle de grande taille comme ChatGPT-4, consomme 4 à 5 fois plus d’énergie qu’une simple recherche Google. À l’échelle mondiale, ChatGPT traite environ 2,5 milliards de requêtes par jour. Une telle activité génère une consommation quotidienne de 2,9 GWh d’électricité et engouffre 4 millons de litres d’eau pour le refroidissement des infrastructures. Après le visionnage d’une vidéo Lumni sur le sujet, les élèves ont rapidement compris l’enjeu.

Moteur de recherche ou IA ?

Les élèves utilisent les IA comme moteurs de recherche. Cet atelier leur a permis d’apprendre à manipuler les deux outils et comprendre leurs usages :

  • Le moteur de recherche (Google, Ecosia) doit être privilégié pour les données factuelles, locales ou d’actualité, comme cherche la date de naissance de Victor Hugo ou le résultat d’un match de foot. Il référence mais ne crée rien, ce qui est plus sobre énergétiquement.
  • L’IA générative (ChatGPT, Gemini, Claude) calcule et « fabrique » chaque mot, ce qui demande une puissance informatique colossale. Son usage n’est légitime que pour des tâches complexes : reformulation, synthèse de textes ou recherche d’idées créatives.

La méthode des 4 piliers pour un « prompt écologique »

Pour éviter de relancer les les serveurs inutilement avec des requêtes floues, il faut utiliser une méthode efficace. L’IA va structures sa réponse plus précisément grâce à ces quatre éléments : le Rôle, l’Action, le Contexte, et le Format.

Les élèves se sont entraînés à réécrire leurs requêtes de cours. Finies les phrases minimalistes comme « C’est quoi un atome ? » Les lycées ont appris à formules des commandes expertes :  » [Rôle] Tu es un professeur de physique. [Action] Explique comment est composé un atome, [Contexte] pour m’aider à réviser mon contrôle de demain. [Format] Fais une explication de 3 phrases maximum, en utilisant une comparaison avec un objet du quotidien. » Obtenir la bonne réponse du premier coup, c’est cela le prompt éco-responsable.

« Demander à l’IA de faire ton devoir, c’est comme demander à quelqu’un d’aller à la salle de sport à ta place : à la fin, c’est lui qui aura des muscles. »

@sydologie

Des éco-gestes à emporter chez soi

Après un défi interactif sur Kahoot, la séance s’est clôturée par un remue-méninges sur la sobriété numérique au quotidien. Les élèves ont listé des gestes simples et percutants : garder ses équipements le plus longtemps possible (la fabrication représente 80% de leur impact total), éteindre la box et les appareils au lieu de les laisser en veille et faire régulièrement le ménage dans le stockage de ses photos et données.

En modifiant leurs habitudes de recherche au CDI, ces citoyens en devenir ont prouvé qu’un usage raisonné du numérique participe à la protection de notre planète.

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