Le 20 mars 2025, la saga Assassin’s Creed dévoile son quatorzième volet, Assassin’s Creed Shadows, un nouvel opus élaboré par les studios Ubisoft. Le jeu nous plonge dans l’univers du Japon féodal, une période riche en mystères et en conflits.

De quoi nous interroger sur la place des jeux vidéos dans les apprentissages. En tant que futurs professeurs documentalistes, il est intéressant de s’interroger sur les représentations de l’Histoire, développer l’esprit critique et enrichir les pratiques documentaires des élèves.

Entre fiction et réalité : une dimension historique à décrypter

Le jeu se déroule dans le Japon du XVIe siècle durant la période Sengoku, une ère marquée par de nombreux conflits entre seigneurs de guerre (les daimyos), luttes de pouvoir et ascension de samouraïs et de ninjas.

Le jeu propose de jouer deux personnages :

  1. Naoe, une shinobi (ninja) agile et furtive, spécialisée dans les infiltrations.
  2. Yasuke, un samouraï africain, inspiré d’un personnage historique réel ayant servi sous le règne du seigneur de guerre Oda Nobunaga, très puissant et connu pour avoir voulu unifier le Japon.

Le joueur évolue donc dans un univers où se croisent personnages fictifs et récits historiques. Cette tension entre réalisme historique et fiction permet d’ouvrir la voie à des activités pédagogiques variées : comparaison entre les faits réels et leur représentation, analyse des sources…

Un Japon richement recrée

L’univers du jeu est parfaitement détaillé : villages traditionnels, châteaux, forêts, montagnes, vie quotidienne, et met en évidence la culture et les tensions sociales de l’époque.

L’ambiance sonore, les décors et les costumes sont soigneusement pensés pour recréer le plus fidèlement possible l’atmosphère du Japon féodal.

Toute cette ambiance et cette dimension historique permettent au joueur d’apprendre tout en s’amusant, en vivant une aventure unique sous fond de réalité historique.

Assassin’s Creed Shadows comme support pédagogique au C.D.I

Loin d’être un simple outil de divertissement, Assassin’s Creed Shadows peut devenir un outil éducatif à part entière. Les élèves peuvent identifier des éléments historiques dans l’univers du jeu et les confronter à des sources fiables (ouvrages, articles, ressources en ligne).

Cette méthode suit la voie tracée par le programme Discovery Tour lancée par les studios Ubisoft, qui métamorphose les univers d’Assassin’s Creed en authentiques musées interactifs.

Ces modes d’apprentissages, sans affrontement ni narration, autorisent les joueurs à découvrir librement des reconstitutions historiques précises de l’Egypte ancienne, de la Grèce antique et de l’époque Viking. Sous l’orientation d’experts, les utilisateurs ont la possibilité d’explorer des lieux emblématiques, de découvrir des figures historiques et divers aspects de la vie quotidienne, offrant ainsi une expérience immersive enrichissante et ouverte à tous.

C’est cet aspect éducatif précis que l’ouvrage Les usages pédagogiques des jeux vidéo Assassin’s Creed, dirigé par Marc-André Ethier et David Lefrançois examine. Ce recueil, réunissant les apports d’enseignants et de chercheurs, examine la possibilité d’incorporer ces jeux dans l’enseignement de l’histoire afin d’améliorer la réflexion critique et historienne des élèves. Les auteurs ne préconisent pas un usage naïf du jeu vidéo, mais insistent sur la nécessité d’un encadrement pédagogique strict pour aider les élèves à mettre en relation les images vidéoludiques avec des références historiques fiables, et par conséquent, à faire la distinction entre fiction et réalité.

Plonger dans le jeu Assassin’s Creed Shadows au C.D.I, c’est offrir aux élèves une autre façon d’apprendre, plus immersive, plus ludique, plus critique et plus collaborative. Le jeu vidéo devient alors un espace de questionnement et de découverte au service de la formation du citoyen éclairé.

Références :

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