Photo de Andrea Piacquadio

C’est l’histoire d’un article de blog sur la santé mentale, qui devait être publié quelques jours après le premier de l’an.

2026, une nouvelle année, un concours à passer et certainement de bonnes résolutions à tenir. Parmi elles, combien d’entre nous ont listé “arrêter de procrastiner” ? 

Procrastiner, le dictionnaire Larousse le définit par : remettre systématiquement au lendemain. La montagne de verre ? Demain. La lessive qui déborde ? Quand le dernier pull fera tomber le tout. Réviser le CAPES ? L’an prochain, sur un malentendu. Rédiger mon mémoire ? Je travaille mieux sous pression. Écrire l’article pour le blog de la promo ? Ah, non, désolée, je passe sous un tunnel.

Mais derrière ces excuses se cache un mécanisme neurologique fascinant. En lisant les travaux de la chercheuse Annemieke Apergis-Schoute sur The Conversation, on comprend que la procrastination n’est pas un défaut de fabrication, mais une difficulté à réguler nos émotions. Or, les tâches que nous avons tendance à repousser ne sont pas celles qui nous donnent envie ou vont générer du plaisir (aller à la librairie pour acheter de nouveaux livres ? pas besoin de me demander, j’y suis déjà). Ainsi, comme la rédaction de cet article entraînait en moi des émotions telles que le stress et la frustration, j’ai préféré regarder une nouvelle série ou scroller sur Instagram qu’écrire ledit article.

Le duel entre vos deux cerveaux

Pourquoi est-ce si dur de s’y mettre ? Votre cerveau est le théâtre d’un combat de catch permanent. D’un côté, le système limbique (votre cerveau archaïque) réclame un plaisir immédiat pour fuir l’anxiété. De l’autre, le cortex préfrontal essaie de planifier votre réussite. Face à une tâche intimidante, le système limbique gagne souvent : il perçoit le travail comme une menace et vous pousse vers une récompense instantanée (Instagram, du binge-watching).

Le « moi futur » est un inconnu

Une raison scientifique majeure explique ce blocage : le biais du présentisme. Des études en neurosciences, notamment celles d’Hal Hershfield (2011), montrent que notre cerveau perçoit notre « moi futur » comme un parfait étranger. Quand vous remettez vos fiches à demain, votre cerveau ne pense pas qu’il se punit lui-même, il a l’impression de déléguer la corvée à quelqu’un d’autre ! Sympa, pour la santé mentale de votre vous de demain, donc. 

Sortir de la spirale : trois clés concrètes

Si la procrastination est une gestion de l’humeur et non du temps, alors la solution n’est pas de « travailler plus dur », mais d’être plus malin avec ses émotions :

  • L’autocompassion (votre super-pouvoir) : la science montre que se pardonner d’avoir procrastiné réduit les chances de recommencer. Soyez aussi indulgent avec vous-même qu’avec un ami qui sature. Moins de culpabilité = moins de stress = un cortex préfrontal plus efficace. Et bonus, pensez à faire des pauses à la machine à café.
  • La stratégie des micro-étapes : « réviser le CAPES », c’est une montagne. «Trier mes cours » ou « écouter un podcast de 10 minutes sur mon sujet », c’est une colline. En découpant la tâche, vous verrez alors que vous avancez vers votre objectif et votre cerveau réalise que c’est faisable. 
  • La pleine conscience (l’ancrage) : pas besoin d’une heure de méditation. Juste s’asseoir, noter l’odeur du café noisette de la BU et sentir ses pieds sur le sol. Cela permet de réaliser que l’émotion négative (la peur d’échouer) n’est qu’un nuage passager, et non un obstacle infranchissable.

Alors, pour cet article, plutôt que de viser la perfection, j’ai simplement décidé de poser les premiers mots. Et vous, quelle est la minuscule étape que vous pourriez franchir aujourd’hui pour faire plaisir à votre santé mentale de demain ?

Sources:

Apergis-Schoute, A. (2026). Pourquoi la procrastination n’a rien à voir avec la paresse – et comment la surmonter. The Conversation. https://doi.org/10.64628/aak.awtumstwj

Hershfield, H. E. (2011). Future self‐continuity : how conceptions of the future self transform intertemporal choice. Annals Of The New York Academy Of Sciences, 1235(1), 30‑43. https://doi.org/10.1111/j.1749-6632.2011.06201.x

Sirois, F. M., Stride, C. B., & Pychyl, T. A. (2023). Procrastination and health: A longitudinal test of the roles of stress and health behaviours. British Journal of Health Psychology, 28, 860–875. https://doi.org/10.1111/bjhp.12658

3 Comments

  1. Zizo

    Très bon article, car tu nous fais la morale, et tu nous pousses aussi à travailler d’avantage.

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