Comment amener des collégiens à maîtriser les codes de la biographie tout en stimulant leur imagination ? Enquête au cœur d’un projet pédagogique innovant, mené main dans la main par une équipe enseignante et le CDI.

Image venant du site « Unplash » : https://unsplash.com/fr/photos/livre-ouvert-sur-table-en-bois-marron-hopX_jpVtRM
Donner vie à un visage inconnu, lui inventer un destin extraordinaire et ancrer le tout dans les codes du web et de l’édition : c’est le défi relevé par des élèves de troisième lors d’une séance d’écriture inédite. Né d’une collaboration étroite entre une professeure de français et l’équipe du CDI, ce projet s’inscrit dans le programme scolaire autour de la compétence « créer un personnage ». L’objectif ? Rédiger la biographie imaginaire d’une personne anonyme à partir d’une simple photographie.
Les coulisses d’une préparation sur-mesure
En amont, un véritable travail d’ingénierie documentaire a été nécessaire. L’enjeu majeur a résidé dans la sélection des visuels. Il fallait dénicher des portraits variés — par les âges, les origines ou les contextes — capables de déclencher l’inspiration des élèves, tout en respectant scrupuleusement le droit d’auteur. Pour fluidifier l’activité, un espace numérique dédié a été créé, leur permettant d’accéder instantanément aux consignes et aux banques d’images via un code simplifié.
Le cahier des charges était ambitieux. Les élèves devaient produire une page calquée sur le modèle de « Wikipédia » comprenant un résumé biographique ainsi que deux chapitres sur la célébrité du personnage. En parallèle, ils devaient concevoir une première de couverture de livre en bonne et due forme, mentionnant le titre, l’auteur et l’éditeur.
De l’écran aux étagères : le déclic de l’objet-livre
Organisée sur deux heures en demi-groupes, la séance a immédiatement suscité l’enthousiasme. Les adolescents ont fait preuve d’une créativité débordante, s’appropriant le sujet avec humour et sérieux. Pourtant, une barrière invisible est vite apparue : si l’écriture numérique coulait de source, la notion de « maison d’édition » restait un mystère pour beaucoup.
C’est là que le CDI a joué pleinement son rôle de médiateur. En rupture avec les écrans, les ouvrages des rayonnages ont été mobilisés en urgence. En manipulant concrètement les livres, en observant les couvertures, les dos et les pages de titre, les élèves ont décodé le circuit de l’édition. Cette remédiation concrète a donné un sens immédiat à leur production. Cette expérience réussie réaffirme le CDI comme un espace d’apprentissage incontournable et un pilier de la collaboration enseignante.

Photo prise auprès d’un élève de la classe de 1ère